Les prérequis

 

Un tel accompagnement est un réel travail thérapeutique, qui nécessite des compétences et des connaissances de base solides avant de le pratiquer. Une formation préalable d’une Haute Ecole dans les domaines de la santé ou du travail social, ou une formation universitaire dans les domaines de la médecine ou de la psychologie constitue un prérequis indispensable à une spécialisation postgrade dans la thérapie avec l’animal. Cette formation s’adresse donc à des professionnels qui souhaitent enrichir leur pratique (éducateur, assistant social, responsable d’animation, psychologue, psychiatre, logopédiste, infirmier, enseignant spécialisé, la liste n'étant pas exhaustive).

La formation d'Intervenant en Reliance, délivrée par le Centre de Développement des Ressources Humaines Etincelle (www.etincelle.ch), est un plus. La possibilité d'exercer sur son lieu de travail également, afin de permettre d’acquérir des compétences pratiques et de faire des expériences en parallèle à la formation plus théorique.

Une excellente connaissance ou expérience des animaux et de leurs besoins propres est également indispensable. Par ailleurs, chaque animal utilisé en thérapie doit adhérer à la démarche, être bien éduqué et récompensé pour son travail et répondre à des critères préalables de sélection. En bref, il doit y prendre du plaisir et ne pas être utilisé comme un objet générateur de revenus.

A partir de ces prérequis, n’importe quel animal peut être utilisé pour autant qu’il montre des qualités tournées vers l’humain. Ces qualités sont à distinguer de l’intérêt pour le détenteur de l’animal ou pour la récompense que celui-ci tient dans sa main. Pour pratiquer et apporter un réel bienfait, comme expliqué plus haut dans le détail des critères de choix, l’animal retenu doit véritablement être orienté vers autrui, quel qu’il soit, et lui montrer un réel intérêt.

Par ailleurs, l’utilisation de l’animal dans une pratique professionnelle comprend des exigences légales, qui diffèrent d’un pays à l’autre. Dans les grandes lignes cependant, les principes de base sont les mêmes :

  • tout chien doit être muni d’une puce électronique, implantée par le vétérinaire à l’établissement de son passeport, permettant de l’identifier en cas de fugue, accident, etc.

  • une fois pucé, le chien doit être annoncé dans une base de données propre à chaque pays et inscrit dans la commune de résidence. Le payement de l’impôt annuel ou de la taxe liée doit être payé;

  • par respect pour l’animal, pour garantir sa bonne santé et son bien-être, ainsi que par respect pour les personnes auprès desquels le chien va intervenir celui-ci doit être vacciné annuellement et un traitement contre les puces, les tiques et les vers est vivement conseillé au minimum quatre fois par année;

  • tout animal, aussi gentil et bien éduqué soit-il, peut, comme un être humain, commettre des dégâts, se blesser ou blesser autrui. Il importe pour le professionnel d’être au bénéfice d’une assurance responsabilité civile professionnelle qui couvre son activité avec l’animal;

  • pour la Suisse, tout travail avec un animal doit respecter la Loi fédérale sur la protection des animaux du 16 décembre 2005, ainsi que la loi d’application de son canton de résidence, en particulier les directives sur la détention, le bien-être et le transport de l’animal. Sa dignité doit être respectée par son détenteur et l’animal ne doit pas être placé délibérément dans un état d’anxiété. Il ne doit pas non plus faire l’objet d’une instrumentalisation excessive. Cela signifie que le travail demandé à l’animal doit conserver pour lui une notion de plaisir et qu’il ne doit pas le placer dans un état de fatigue extrême. Une activité quotidienne pour un même animal est donc vivement déconseillée;

  • comme pour tout autre animal amené sur l’espace public, le détenteur est responsable de ramasser les éventuelles déjections, de le tenir en laisse pour un chien et de prendre toutes les mesures qu’il convient pour éviter toute morsure sur un humain ou sur un autre animal;

  • pour le reste, comme pour toute activité indépendante générant des revenus, les exigences légales en la matière s’appliquent.

Ces éléments sont abordés dans la formation, mais font partie des prérequis indispensables dont il vaut mieux être conscient avant de se lancer. Par ailleurs, l’animal thérapeute, en dehors de sa collaboration avec le professionnel, est un animal de compagnie dont la durée de vie avoisinera une quinzaine d’années. Il fera partie intégrante de la vie familiale, 24h sur 24, 7 jours sur 7 et nécessitera un certain nombre d’aménagements.

Avant de se lancer dans le projet d’acquisition d’un animal thérapeute, il s’agit d’en être conscient et d’en peser avec soin tous les tenants et les aboutissements.